L’ALLEMAGNE
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L’histoire de l’Allemagne n’est pas empreinte du respect de la liberté de religion. Au contraire, son passé est entaché d’une tragique persécution religieuse. Les horreurs de l’Holocauste, vivement imprimées dans les esprits, conduisirent à la formulation d’une Constitution pour l’Allemagne après la Seconde Guerre mondiale, rendant obligatoire la neutralité du gouvernement en matière de religion. La Constitution allemande garantit également la liberté de religion et le pays a ratifié l’ICCPR et les Protocoles facultatifs.
Avec toutes ces protections, on pourrait croire que les minorités en Allemagne sont à l’abri des persécutions. Mais bien que cela soit vrai en théorie, les événements des cinq dernières années montrent que nombre de membres officiels du gouvernement allemand ont enfreint leur devoir de protection des droits de l’homme, violant non seulement la loi mais l’esprit de cette loi. Bien que la Constitution engage le gouvernement avant tout, certains de ses membres l’ont détournée et infligent des mesures discriminatoires à des minorités religieuses, telles que les Témoins de Jéhovah, en invoquant le prétexte que ces religions seraient contraires à la Constitution.
Les brutalités policières contre des musulmans, pour la plupart turcs et kurdes, sont particulièrement graves en Allemagne, et aggravées par le fait que le gouvernement refuse de prendre les dispositions adéquates pour résoudre la situation. En deux ans, on a enregistré plus de mille agressions et crimes d’intolérance, un grand nombre d’entre eux étant contre des musulmans. De nombreux musulmans se voient refuser le droit de se faire naturaliser, bien qu’ils aient vécu toute leur vie en Allemagne. L’antisémitisme va également croissant.
En 1997, une étude approfondie, effectuée par le Centre des droits de l’homme dans l’Essex en Angleterre, résulta en la conclusion suivante : « En Allemagne, la démocratie est utilisée comme idéologie justifiant d’imposer le conformisme. Il est fort inquiétant de découvrir que l’État, ainsi que certains de ses membres et politiciens, s’engagent dans une voie qui est bien connue pour avoir déjà été empruntée dans le passé, et qui est la voie de la discrimination, de l’intolérance et de l’incitation à l’intolérance envers une nouvelle minorité religieuse, les scientologues.
« Ces dernières années, on a vu se développer une politique officielle et officiellement sanctionnée étonnante et, pour l’Europe d’après-guerre, unique, de calomnie et de discrimination contre certains de ces groupes, y compris les Témoins de Jéhovah et particulièrement l’Église de Scientologie. » En juin 1997, le gouvernement allemand plaça l’Église de Scientologie sous surveillance, une démarche sans précédent dans le monde entier.
La Constitution exige du gouvernement qu’il reste neutre dans les questions religieuses. Malgré cela l’Église catholique et l’Église luthérienne exercent une influence considérable sur un gouvernement dont le parti principal est l’Union chrétienne démocrate (CDU).
Le CDU est le premier parti national à avoir exclu les scientologues. L’une des raisons de cette interdiction avancées par les membres officiels du parti est que la doctrine de la Scientologie, selon laquelle l’homme est fondamentalement bon, est en conflit avec la doctrine chrétienne du péché originel à laquelle adhère le CDU.
Un grand nombre de théologiens des Églises prédominantes sont également d’influents politiciens. L’Église catholique et l’Église luthérienne ont toutes deux le statut juridique de personnes morales de droit public. Cela leur donne droit à la perception d’un revenu provenant de la « taxe d’Église » gérée et recouvrée par l’État auprès des fidèles. Grâce à cette taxe et à d’autres subventions, ces Églises reçoivent plus de 17 milliards de marks par an.
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